Voici un petit
aperçu, de mémoire, de ce qui se passait dans la
communauté de la production d'Ottawa lorsque nous avons ouvert
nos portes en 1985. Ce sont les souvenirs que j'ai gardés de
ces années. Mais ne vous en remettez pas trop à
moi&ldots; après tout, mon cerveau est 25 ans plus vieux
qu'à l'époque!
Lorsque nous
nous sommes lancés en affaires, les télécopieurs
n'existaient pas, l'Internet non plus, et nous nous croyions en
avance sur notre temps en ayant un ordinateur commun au bureau!
Facebook n'évoquait sans doute rien de plus qu'un album photo
et un message était quelque chose que vous laissiez sur notre répondeur.
Un texte était un une scène qu'un acteur
préparait pour une audition, Le réseautage social se
limitait souvent à une fête de HBS au mois de janvier et
il vous était impossible de naviguer dans votre salon. Un
virus était quelque chose que vous contractiez une ou deux
fois par hiver et un serveur était une personne qui veillait
à votre confort dans un restaurant. Une messagerie était
un service qui assurait la livraison de nos paquets et
l'hameçonnage n'avait absolument rien d'une activité
frauduleuse. Vous tombiez toujours sur quelqu'un que vous connaissiez
au Deluxe ou à L'Express. Eh oui, il y a eu beaucoup de
changements au cours des 25 dernières années, mais
certaines choses sont restées les mêmes, comme la
qualité des acteurs, la détermination des producteurs
et la volonté de tous les gens qui oeuvrent dans le milieu de
créer un montage final à couper le souffle!
En 1985, Chris
Stone était le directeur du " Centre du film et de la
vidéo ", qui venait tout juste de passer au
ministère des Approvisionnements et Services après
avoir relevé de l'Office national du film, et travaillait avec
des producteurs qui représentaient les différents
ministères. Doug Merriam était leur producteur interne,
Richard Robesco occupait le poste de chef de production et tous deux
travaillaient aux côtés de Jay Sonley, Marcel
Clément, Bernard Léveillé, Jack Horowitz et Dan
Burk. Bob Foster supervisait les activités de production de
vidéos pour le ministère de la Défense nationale
et le collège de Rigaud abritait le plus grand et le plus
actif des studios du gouvernement. Le travail de production d'Ottawa
tournait principalement autour d'entreprises faisant affaires avec le gouvernement.
Mitel avait son
propre studio et comptait dans ses rangs Allan Hansen, Dave Depper,
Lorne Bergstrom, Dan Chaput et Steve Fenn. McMahon Productions
réalisait des spectacles audiovisuels à plusieurs
projecteurs et plusieurs écrans. Le service audiovisuel de
Loeb, sous la direction du producteur Sandy Durocher, consentait plus
d'efforts à travailler pour Ottawa que n'importe qui d'autre.
Jacques Ménard s'affairait à réaliser des films
destinés à la télévision de
Radio-Québec à Hull.
Ken Stewart et
Alan White venaient tout juste de mettre sur pied la
société General Assembly Post Production Services et
Alan procédait à l'embauche des producteurs experts Tom
Pepin et Susan Finestone pour gérer Corvideocom Productions.
Derek Diorio et Dan Lalande, de la troupe Skit Row, faisaient les
manchettes plus souvent qu'à leur tour à Ottawa.
Stewart Dudley, avec Eight Seconds et Peter Stewart, réalisait
certains des premiers vidéoclips du Canada. Michael Hicks
mettait à profit son génie créatif dans la
campagne Imagine de Centraide, permettant à l'organisme de
recueillir des fonds comme personne ne l'avait fait auparavant dans
cette ville. Hewson Bridge and Smith était l'agence de
publicité la plus importante et la plus recherchée et
Mediaplus faisait ses premiers pas.
Neil Bregman et
Katherine Jeans, de Sound Venture Productions, produisaient les
publicités radiophoniques les plus primées du Canada
dans le studio le plus occupé d'Ottawa.
Bomi, Topek
Productions, Carleton Productions, Turnelle, LRS Trimak, Marc
Productions, AV+ et Scott Films brassaient beaucoup d'affaires et
avaient tous besoin de scénaristes, de réalisateurs et d'acteurs.
Kevin Gillis et
Sheldon Wiseman, de la société Evergreen Raccoons,
produisaient la série The Raccoons, et Lacewood Productions
lançait The Teddy Bears Picnic.
Ken Rockburn
occupait le poste de chef de nouvelles sur les ondes de CHEZ FM et
Mike Giunta animait l'émission du retour à la maison.
Delmer and Cecil se moquait de tout et Geoff Winter était
l'animateur matinal, tout comme Michel Picard, qui dirigeait
l'équipe du matin à Radio-Canada. Serge Dion
était animateur pour la télévision de
Radio-Québec et Ian Parker était chef de pupitre au
bulletin d'information de six heures de CBC.
Edgar Demers
était critique de théâtre pour Le Droit et
Barbara Crook l'était au Citizen. Les meilleures productions
théâtrales étaient les pièces "
Talking With ", dirigée par Jan Irwin à l'Atelier
du CNA, et " Le Nez ", mise en scène par Robert
Bellefeuille. André Brassard était le directeur
artistique du Théâtre français du Centre national
des Arts et Andis Celms assumait la direction du Théâtre
anglais du CNA. Patrick MacDonald était le directeur
artistique du Great Canadian Theatre Company, alors que Brigitte
Haentjens occupait le même poste au Théâtre du Nouvel-Ontario.
Le Summer
Institute of Film and Television, sous la direction de Tom
Shoebridge, permettait à des étudiants d'assister
à des ateliers avec les meilleurs directeurs,
scénaristes, acteurs et producteurs, et ce, dans les deux
langues officielles. L'Association du film et de la
télévision d'Ottawa-Hull commençait à
être une force politique sur laquelle on pouvait compter.
L'énergie
que dégageait la ville était aussi contagieuse qu'elle
l'est maintenant. Bref, jusqu'à ce jour, l'aventure en a
vraiment valu la peine.